samedi 13 décembre 2014

du bourrage de crâne scolaire


    Il est extrêmement nuisible pour notre époque qu'un grand nombre d'hommes, qui occuperont des postes élevés dans la vie publique, fassent des études comme on les fait maintenant. Pour des branches entières su savoir on fait vraiment, à l'université, durant toute l'année, tout autre chose que d'approfondir la pensée et le sujet que les professeurs traitent dans leur cours, mais. On va de temps en temps à ces cours, mais quant à ce que l'on veut vraiment posséder, on l'apprend en quelques semaines. Autrement dit on s'en bourre le crâne. C'est là qu'est le mal. Etant donné que ce "bourrage de crâne" s'étend jusqu'aux degrés scolaires inférieurs, les inconvénients n'en sont nullement négligeables. Lors de ce gavage intellectuel le fait essentiel est qu'il n'y a aucun lien véritable entre l'intérêt psychique, entre le noyau intime de l'être et ce que l'on ingurgite ainsi. L'opinion qui règne dans les écoles, parmi les élèves, est celle-ci : "Ah, si seulement je pouvais bientôt avoir oublié ce que j'apprend maintenant !" Ainsi il n'y a point là une volonté avide d'assimiler ce que l'on apprend. Seul un faible lien d'intérêt le relie au centre de l'âme.
    Il résulte de cet état de chose que les êtres humains s'estiment, en une certaine mesure, être préparés de cette manière à participer à la vie publique, parce qu'ils se sont "bourré" la tête de ce qu'ils voulaient apprendre. Mais, du fait qu'ils ne s'y sont pas intimement liés, ils restent psychiquement fort fort éloignés de ce qui se passe dans leur tête. Or, il n'y a rien de pire pour l'individualité entière de l'homme que d'être, avec son âme et son coeur, étranger à ce que doit faire sa tête. Ce n'est pas seulement en désaccord avec l'être de l'homme évolué et sensible, mais cela influence au plus haut point la force, l'énergie du corps éthérique, oui, précisément du corps éthérique. Celui-ci s'affaiblit ainsi de plus en plus, par suite d'une relation insuffisante entre le centre de l'âme et l'activité humaine. Plus un homme doit s'occuper de ce qui ne l'intéresse pas, plus il affaiblit son corps éthérique, con corps vital.
RUDOLF STEINER

 "Nervosité et le Moi"Munich, 11 janvier 1912

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